Si l’anonymat des grandes villes est souvent pointé du doigt, la vie à la campagne n’est pas exempte de conditions de vie difficiles et de souffrances, à commencer par l’isolement et la solitude dont peuvent souffrir les personnes âgées et les agriculteurs.
Deux générations sous un même toit
Solidaire, convivial, souple et abordable. Proposer de l’hébergement temporaire chez l’habitant, pour rompre la solitude et mieux accueillir les nouveaux venus… Il fallait y penser, l’association Aider l’a fait. Le dispositif “Cohabitons en Drôme” met en relation un hébergement chez l’habitant (une chambre inutilisée par exemple) avec des personnes à la recherche d’un logement temporaire abordable (environ 50 euros mensuels pour une chambre).
L’association ne recense pas seulement l’offre et la demande. Elle se déplace chez les hébergeurs et rencontre chaque demandeur afin de déterminer les attentes de chacun : une présence qui rassure, quelques repas ou cafés partagés, par exemple. Elle accompagne les premiers contacts, établit une convention de vie et accompagne la cohabitation durant toute sa durée. Les jeunes n’hésitent plus à venir en stage dans la Drôme. Depuis quatre ans, Aider a reçu 369 demandes (dont 60 % de 16 à 25 ans), compte 80 hébergeurs et a suivi 103 cohabitations d’une durée moyenne de neuf mois.
Pour en savoir plus : http://dromeardeche-solidaires.org
Prévenir le suicide dans le monde agricole
Fin mars 2011, le ministre de l’agriculture, de l’alimentation, de la pêche, de la ruralité et de l’aménagement du territoire, Bruno Le Maire, a annoncé sa volonté de s’attaquer au “tabou” du suicide des agriculteurs qu’il évalue à « plus de 400 morts par an ». La Mutualité sociale agricole (MSA) est chargée de la mise en œuvre de ce plan de lutte qui s’intégrera dans le programme national d’actions contre le suicide 2011-2014.
Ce plan prévoit notamment d’équiper les personnels des réseaux d’aide spécialisés, comme SOS Amitié, de guides d’échanges adaptés aux spécificités du monde agricole. En détresse, les agriculteurs pourront être orientés vers la MSA qui prendra le relais pour apporter une réponse sur mesure à leurs problèmes. Par ailleurs, dans chaque caisse de la MSA, des cellules de prévention seront créées pour repérer les agriculteurs en difficulté et prendre contact avec eux pour prévenir toute tentative de suicide ou de récidive. Ces cellules regrouperont plusieurs compétences : des médecins du travail, des assistantes sociales, des conseillers en prévention des risques professionnels, des psychologues et des élus de la MSA.
Bruno Le maire a également insisté sur les réponses économiques à apporter dans la lutte contre le suicide. Des réponses que « j’avance avec beaucoup de prudence », a précisé le ministre : « d’abord se battre pour le revenu des agriculteurs, le sécuriser, (...), rétablir un rapport de force dans les filières qui soit plus favorable aux producteurs », « se battre » pour une Politique agricole commune (PAC) après 2013, se battre aussi « contre la volatilité des prix agricoles » et « contre la spéculation sur les marchés agricoles. » Ce plan de prévention a été annoncé par Bruno Le Maire lors de son intervention en conclusion des débats sur la solitude dans le monde rural et agricole, organisés par la société de Saint-Vincent-de-Paul, à l’occasion de la 3e rencontre nationale de la Grande cause nationale 2011. « Je souhaite une écoute solidaire pour tous les agriculteurs en détresse. La cause du suicide est une vraie cause nationale », a conclu le ministre.
Célibat et aménagement du territoire
Au-delà de l’enjeu personnel, le célibat est une problématique fondamentale pour le développement des territoires ruraux, en termes d’emplois, de services, de loisirs… S’il n’y a plus de commerces, d’écoles ou de médecins, les gens ne resteront pas, les jeunes ne s’installeront pas, l’exode rural des filles sera encore plus marqué, et les célibataires plus nombreux ! En organisant l’Agri-dating, Bruno Montourcy a voulu faire ce lien entre célibat et aménagement du territoire, le tout dans une ambiance festive et humoristique. Il reste optimiste : les Français ont envie de venir vivre à la campagne, 40 % des citadins souhaitent s’y installer. Mais si les campagnes en périphérie des villes gagnent des habitants, celles qui sont très isolées en perdent. C’est là que des dynamiques doivent être créées, pour attirer et conserver les populations. « Tout ne doit pas venir d’en haut. Les trois quarts des choses qui permettent d’améliorer la vie d’un territoire peuvent être réalisées par les acteurs locaux eux-mêmes », ajoute Bruno Montourcy. « À nous tous donc de nous prendre en main pour dynamiser nos territoires ! Sans oublier qu’investir dans les territoires ruraux permet de limiter les problèmes liés à l’entassement urbain. »

