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La bio, dynamique de territoire

31/05/2013


De nombreuses collectivités territoriales s’engagent pour encourager la production en agriculture biologique sur leurs territoires, permettant ainsi aux agriculteurs de bénéficier d’aides complémentaires, de l’appui de conseillers spécialisés, ou encore de débouchés mieux valorisés. Et c’est tout bon pour l’environnement et la qualité de l’eau ! Exemple en Poitou-Charentes.

Des produits bio à la cantine

Afin d’améliorer la qualité de l’eau des trois captages du Vivier, classés prioritaires au titre du Grenelle de l’environnement car menacés par des pollutions diffuses, les agriculteurs et les élus du syndicat des eaux du Vivier ont mis en place des mesures agroenvironnementales. Un moyen d’assurer un approvisionnement en eau potable de qualité aux 75 000 habitants de Niort et de ses alentours, et de permettre à la ville d’approvisionner ses cantines en produits bio.

©Pascal.Xicluna/Min.Agri.Fr

« Agir en amont coûte moins cher »

« Intervenir en amont pour éviter la pollution de la nappe phréatique permet d’éviter au contribuable un surcoût de traitement de l’eau de 10 centimes d’euros par mètre cube », indique Franck Michel, membre du syndicat des eaux du Vivier [1] (SEV) et adjoint au maire de Niort.

Pour reconquérir la qualité de la ressource en eau, les élus du SEV ont décidé d’intégrer le programme régional "Re-Sources" [2] en 2007, avant de mettre en place descontrats MAET avec les agriculteurs. Objectif : protéger trois captages qui alimentent environ 75000 habitants de Niort et ses alentours. Un animateur agricole, interlocuteur direct des exploitants pour les MAET, a été embauché par le syndicat des eaux du Vivier. L’accompagnement territorialisé des producteurs, leur mise en réseau, l’encadrement de groupes de réflexion et de travail a été primordial pour le succès de la démarche. « Une synergie se crée lorsqu’un groupe d’agriculteurs échange et met en commun ses réflexions sur l’évolution de son système d’exploitation et sur les nouvelles techniques agronomiques à mettre en place », explique Alexis Ingrand, animateur agricole. Dès 2009, les agriculteurs souscrivent des MAET en s’engageant notamment dans la réduction de la fertilisation et des traitements phytosanitaires, la gestion extensive des prairies et la production en agriculture biologique.

Un partenariat fort avec la ville de Niort

Un partenariat entre les producteurs locaux et la ville de Niort permet d’offrir des débouchés aux produits biologiques. « Nous avons voulu créer une dynamique autour de l’agriculture biologique. Nos appels d’offres ne prennent pas seulement en compte le prix mais intègrent aussi des critères comme le bilan carbone. Nous souhaitions donner un signal fort aux agriculteurs », explique l’élu Franck Michel. Un marché de 900000 euros par an permet à la ville d’introduire des produits biologiques et locaux dans toutes les cantines scolaires. Les services de la ville étudient aujourd’hui plusieurs formules pour financer la structuration logistique des filières biologiques sur le territoire.
De plus, pour montrer l’exemple, la ville n’utilise plus de pesticides sur ses espaces verts.
L’objectif du SEV était d’engager 30% de la surface agricole du bassin d’alimentation en MAET. Il a été atteint en 2012, avec près de 4000 hectares sous contrat. « Maintenant l’idée est de faire perdurer la démarche, même sans accompagnement financier », conclut Alexis Ingrand.

Notes

[1] Le syndicat des eaux du Vivier (SEV) est un syndicat intercommunal qui gère l’approvisionnement en eau potable, et qui regroupe 5 communes : Niort, Aiffres, Bessines, Coulon et Magné.

[2] Le programme Re-Sources, initié par la région Poitou-Charentes dans les années 2000, incitait les collectivités distributrices d’eau potable à développer des solutions de prévention des pollutions afin d’assurer la qualité des eaux brutes de manière durable. Il concernait 61 captages prioritaires.