Le 50ème anniversaire de la Perle de Tahiti a été célébré place Vendôme, à Paris, du 15 mai au 2 juin 2011, par le biais d’une exposition intitulée « de la mer à l’écrin ». La Polynésie française, avec 25 % de part de marché, est en effet le premier exportateur mondial de perles d’origine marine.
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En dépit d’un grave crise en 2008, l’exportation des perles couvre 60 % de l’ensemble des exportations polynésiennes. On compte actuellement quelque 570 concessions réparties sur 27 îles et générant environ 4 000 emplois.
Blondes ou noires, montées en pendentif, en bague ou en collier, elles ont fait rêver les princesses et les maharadjas d’antan. Leur rareté a déclenché bien des passions et des cupidités.
Pendant des siècles, les pêcheurs devaient plonger en apnée dans des mers souvent infestées de requins pour remonter des huîtres perlières sauvages. Seules quelques-unes d’entre-elles, recelaient une perle. En effet, ce n’est que quand un corps étranger s’introduit accidentellement entre son manteau et sa coquille, que l’huître l’enrobe avec une concrétion plus moins sphérique formée de couches de carbonate de calcium (l’aragonite). Le hasard et une réaction de défense de l’huître donnent ainsi naissance aux perles sauvages appelées perles fines. De nos jours, elles ne sont pratiquement plus pêchées et ont été remplacées par les perles de culture.
De la pêche à la culture
Des chercheurs japonais, à la fin du XIX siècle, mirent au point une méthode pour copier en mieux ce que la nature faisait accidentellement. Désormais, les huîtres perlières sont élevées et sélectionnées dans des bassins. Au bout de deux ans, on introduit dans la chair de chaque huître un corps étranger, « le nucléon ». Les huîtres sont remises à l’eau où elles secréteront les couches qui formeront au bout de trois ans une perle.
La perliculture produit des perles présentant des sphères régulières. On peut aussi en maitriser le diamètre et la couleur. Autre avantage, la perliculture met les perles à la portée de presque toutes les bourses.
Dans les années soixante, Jean Domard, un vétérinaire métropolitain, chef du service de la pêche en Polynésie, étudia les techniques japonaises de perliculture et les adapta à la Polynésie française. Avec l’aide d’un journaliste local, Koko Chaze et d’une famille de joailliers parisiens, les Rosenthal, ils créeront la première ferme perlière en introduisant des nucléons, non plus dans des huîtres, mais dans des nacres originaires des îles Tuamotu-Gambier. Ces coquillages (Pinctada Margaritifera) pèsent près de cinq kg et ont longtemps été surexploités pour la production d’objets en nacre (boutons).
Les perles tahitiennes sont plus grosses que leurs concurrentes japonaises. Leur diamètre moyen s’échelonne entre 9 et 10 mm, mais exceptionnellement, il peut dépasser les 15 mm ! Le noir est associé à la perle polynésienne, mais en vérité elles se déclinent dans toute une gamme de gris et de noirs. Leur orient (la profondeur de leur éclat) et leur lustre ( la réflexion de la lumière sur leur pourtour) ont séduit les joaillers du monde entier.
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