Le Cercle français de l’eau a organisé le 13 juin dernier, au Sénat, une conférence-débat portant sur la poursuite du Forum mondial de l’eau de Marseille (WWF6).
Les questions posées étaient : Comment veiller aux engagements des acteurs français de l’eau ? Comment peser dans les prochaines négociations, dans un contexte géopolitique changeant ?
Pour l’heure, les organisateurs du Forum Mondial de l’Eau de Marseille (12-17 mars 2012) ne peuvent encore se prononcer sur le succès du forum. Mais, d’ores et déjà, l’évaluation est lancée.
Le 6e forum mondial de l’eau semble avoir gagné une légitimité au vu de sa popularité :
Il a compté 17 000 inscrits et 35 000 visites. La plate-forme des solutions reçoit encore aujourd’hui 300 visites par jour.
Le 6e forum mondial de l’eau : une avancée ambitieuse via la déclaration ministérielle.
Cette déclaration ministérielle, adoptée au début du Forum, montre de réelles avancées.
La réussite du forum se jaugera cependant surtout à l’aune des suites qui lui seront données (lien vers la déclaration).
Le 6e forum mondial de l’eau : une enceinte d’échange et de consultation favorable à l’émergence de la société civile dans le débat de l’eau.
Les ONG attendent la poursuite de la reconnaissance du droit à l’eau et veulent sur ce sujet la convergence entre Conseil mondial de l’eau, Rio+20 et toutes les initiatives faisant la promotion du Droit. Les ONG veulent que la société civile soit promue, et que sa participation lors du WWF6 ne soit pas qu’une parenthèse. Les mécanismes solidaires doivent être encouragés : 1% Oudin, Taxe Tobin. La solidarité ne devrait pas concerner que les consommateurs, elle devrait également engager les experts du Nord et ceux du Sud. Les ONG considèrent que la notion de partage doit aller au-delà des fondations créées par les grandes compagnies françaises et aussi concerner les revenus de l’eau en obligeant les actionnaires à contribuer. Elles défendent l’idée que l’eau est un patrimoine de l’humanité et pas une valeur économique.
Vers le 7e forum mondial de l’eau : l’inter forum
Le bilan du Forum apparaît donc plutôt positif. Il s’agit désormais de valoriser les avancées concrètes pendant l’inter-forum, tout aussi important, si ce n’est plus, que le forum lui-même.
Les avancées du 5e Forum mondial de l’eau tenu à Istanbul en 2009, se sont poursuivies à Marseille, où le Pacte d’Istanbul a été une nouvelle fois défendu.
Au-delà des satisfactions légitimes sur la réussite du Forum de Marseille, ce qui compte est l’avenir et la traduction dans l’action.
Le 6e forum mondial de l’eau : quelles suites ?
Comme l’a indiqué Loïc Fauchon, Président du Conseil mondial de l’eau, « grâce aux différents Forums, les lignes bougent à l’international. La question de l’eau n’est plus un enjeu technique mais un enjeu sociétal. »
Rio a permis de porter un 1er indicateur positif au succès de Marseille. La thématique Eau a émergé (lien vers la déclaration Rio+20), parmi les 10 sujets prioritaires (contrairement à Johannesbourg).
L’avenir est maintenant à la poursuite du travail sur les solutions. À Rio+20, le Conseil mondial de l’eau a co-présidé l’ensemble des débats sur l’eau et a porté les recommandations suivantes :
- il faut faire accepter le droit à l’eau et le faire entrer dans les constitutions nationales (c’est le cas dans 40 États dont un seul État européen, la Belgique) ;
- les États doivent s’engager à ne plus construire d’école sans eau ni assainissement ;
- reconnaître les liens entre énergie et eau ;
- faire reconnaître les financements solidaires ;
- demander que l’eau soit présente dans l’ensemble des thèmes dont les États se saisissent.
Concernant la solidarité, il faut convaincre les populations d’accepter de verser 1% de leur facture d’eau pour les pays en développement. Il faut pour cela de la solidarité nationale avant de promouvoir la solidarité Nord-Sud.
Les grands messages que le Conseil mondial de l’eau porte sont :
- il faut un accès à la sécurité sanitaire et à la sécurité alimentaire ;
- pas de croissance économique sans eau ;
- défense de la sécurité écologique : il faut restituer à la nature une eau de qualité.
Le 7e forum mondial de l’eau : qu’en attendre ?
Le 7e WWF se tiendra à Daegu (Corée) en 2015. Les acteurs français pour l’eau partagent le souhait qu’il fasse référence à Marseille.
Pour le WWF7, la France pourra apporter son expérience, tout en sachant que c’est une autre organisation qui se dessine, avec une présence plus marquée des scientifiques et des industriels.
À travers les forums, et notamment le forum de Marseille, il s’agit de déterminer des solutions se concrétisant en engagements.














