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L’eau, c’est la vie et c’est donc aussi notre alimentation : on ne peut en effet produire d’aliments sans eau et il en faut beaucoup plus que ce que l’on croit en général : 1500 litres pour 1 kg de farine, 3000 l/j pour nourrir un homme.
La question de l’« eau des champs » devient aujourd’hui centrale pour la sécurité alimentaire. Sans meilleure gestion, la pauvreté et les instabilités sociales et politiques s’accroîtront.
L’enjeu au niveau global est de réduire la pauvreté et la faim, de nourrir 180.000 personnes supplémentaires chaque jour, d’accroître de 70% la production alimentaire d’ici 2050, de s’adapter à la nouvelle donne énergétique et climatique, d’éviter une trop forte déforestation et de prévenir émeutes et instabilités. Comme il serait coûteux et à hauts risques de continuer à gaspiller ou à dégrader des ressources vitales (eau, terres, sols,..) qui vont devenir de plus en plus précieuses, il faut donc réussir à produire à la fois « plus et mieux ».
Les défis à relever sont d’abord régionaux et locaux. Plusieurs « sites critiques » et grandes régions du monde, vulnérables au changement climatique, souffrent déjà de problèmes graves et croissants : pénuries d’eau, surexploitation des nappes, érosion et désertification, pollutions, sécheresses et inondations, pauvreté rurale.
Mieux préserver, mobiliser et valoriser les ressources en eau pour produire « plus et mieux »
Mieux gérer l’eau des champs est une nécessité pour réduire la faim (700 millions parmi le milliard de personnes qui ont faim sont des ruraux), prévenir les risques, produire des services environnementaux (conservation des eaux et des sols, « production d’eau » pour les autres utilisateurs, stockage du carbone...) au bénéfice de toute la société et améliorer les revenus et l’accès à l’alimentation des ruraux vulnérables.
Ces défis régionaux sont aussi inter-régionaux. Faute d’eau et/ou de terres, plusieurs régions mondiales à forte croissance démographique vont en effet devoir importer bien davantage. La dépendance alimentaire des 3 régions -Asie du Sud et de l’Est, Moyen-Orient-Afrique du Nord et Afrique sub-saharienne- (bien que cette dernière dispose pourtant de ressources en eau et terres) pourrait être multipliée par 4 de 2000 à 2050. Les pays et régions riches en eau de la grande Europe (y compris Russie, Ukraine) et des Amériques vont donc, eux aussi, devoir mieux préserver, mobiliser et valoriser leurs ressources pour produire « plus et mieux ».
L’eau et la sécurité alimentaire face au changement global : défis et solutions (PDF - 3.1 Mo)











