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En Haute-Saône, une halte-garderie itinérante

19/01/2012

En 2005, a été lancée en Haute-Saône une halte-garderie itinérante. Le principe est simple : chaque commune desservie prête une salle agréée pour accueillir des enfants ; l’équipe éducative se déplace avec un camping-car qui sert de salle de repos pour les touts petits et permet de transporter le matériel de village en village.

©Cheick.Saidou/Min.Agri.FrLa cour d’école ? C’est pour les grands. Avant, pour la petite enfance, les possibilités d’accueil sont nombreuses —crèches, assistantes maternelle, micro-crèches, haltes-garderie, garde à domicile, etc.— mais plus ou moins développées selon les régions. En zone rurale, la faible densité de population se prête peu aux équipements collectifs du type crèches, implantées à un endroit précis. Aussi, les assistantes maternelle constituent, après les parents, le principal mode de garde des moins de 4 ans.

Mais cette formule ne permet pas toujours de répondre aux attentes des familles, qui ont des besoins ponctuels, ou qui désirent que leur enfant fasse l’expérience de la vie de groupe avant l’entrée en maternelle. La Mutualité sociale agricole (MSA) et la Caisse nationale des allocations familiales (CNAF), avec les autres partenaires sociaux et l’appui des élus, multiplient un peu partout en France les initiatives pour proposer des solutions innovantes, adaptées aux caractéristiques des territoires. Ainsi en Haute-Saône, en 2005 a été lancée une halte-garderie itinérante. Le principe est simple : chaque commune desservie prête une salle agréée pour accueillir des enfants ; l’équipe éducative se déplace avec un camping-car qui sert de salle de repos et de change pour les touts petits et permet de transporter le matériel —tapis de sols, livres et jeux— de village en village. Une formule originale qui peut surpendre dans ce département où les communes sont assez enclavées.

« À la campagne, on garde nos enfants, on n’a pas l’habitude de la halte-garderie », témoigne une jeune maman. Ce que confirme Audrey, directrice adjointe de Roul’tibou. « C’est souvent un peu culpabilisant pour des parents en congès parental de laisser leur petit. Il faut qu’il fasse le premier pas, ensuite, ils sont vite convaincus de l’intérêt pour eux et pour leur enfant du service qui leur est offert. » La halte-garderie assure des permanences dans huit communes, une à deux demi-journées par semaine et peut accueillir un maximum de 15 enfants. Pour ces enfants, âgés de 10 semaines à 4 ans, c’est un moment d’éveil et de socialisation dans un environnement sécurisé avec un personnel qualifié.

En Haute-Saône, département rural, les structures d’accueil pour les jeunes enfants sont rares. Les communautés de communes, conscientes de l’enjeu, mettent une salle à disposition de la halte-garderie pour accueillir les enfants. Roul’tibou a su vite trouver son public.

©Cheick.Saidou/Min.Agri.Fr« Les enfants font ici plein d’activités que l’on ne fait pas à la maison. Et ils apprennent à jouer ensemble, à respecter les copains, à manger correctement », explique Tania qui vient deux fois par semaine déposer son petit Nolan, deux ans. « C’est une manière de le préparer pour l’école maternelle l’année prochaine, et j’apprécie de pouvoir me donner du temps », précise-t-elle. L’équipe éducative veille à renouveler les jeux et les activités chaque année. « Nous sommes là aussi pour accompagner les familles, explique Marie-Noëlle Girardet, directrice de Roul’tibou. Pour écouter, répondre à leur questionnement. Quand le lien de confiance est établi, on ressent bien ce besoin de conseils et d’écoute qu’on offre à ces parents. »Un constat que fait également Audrey : « auparavant, je travaillais dans une crèche interentreprises. Le contact avec les parents était différent, la crèche vécue comme une garde imposée. Ici, c’est l’idée de service qui s’impose, et nous avons un rapport plus proche avec les familles. »

L’équipe de Roul’tibou est composée de deux binômes qui se répartissent les permanences selon les communes. Ces quatre jeunes femmes, qualifiées dans le domaine de la petite enfance, sont mises à disposition par l’association Familles rurales. Les contrats avec les familles sont établis par l’association d’aide à domicile en milieu rural (ADMR) qui prend également en charge le bus, l’achat de jeux pour les enfants et l’aide d’une à deux personnes pour disposer les jeux dans les salles et faire le ménage. La MSA participe au comité de pilotage du dispositif, et elle communique régulièrement auprès de ses adhérents pour faire connaître Roul’tibou. « En septembre, nous recevons peu d’enfants, ajoute Marie-Noëlle Girardet. Mais en cours d’année, avec le bouche-à-oreille, les effectifs montent ! »

Le succès de Roul’tibou —et des autres haltes-garderies itinérantes qui existent dans l’Hexagone— montre le besoin de structure d’accueil collectif en milieu rural. Un enjeu essentiel pour attirer et stabiliser les familles, et dynamiser les territoires.

Données express

À la campagne, les assistantes maternelles assurent 87 % de l’offre de garde et les établissements collectifs 13 %. Sur l’Hexagone, les trois grands modes de garde sont les assistantes maternelles (63 %), les établissements collectifs (32 %) et la garde à domicile (5 %). Il manque en France 400 000 places d’accueil de jeunes enfants.

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