Le lycée agricole des Vaseix, en Haute-Vienne, accueillera vendredi 22 juin 2012 une journée d’échanges et de réflexion autour du développement des circuits courts dans cette région. Une initiative de la Direction régionale de l’agriculture et de la forêt (DRAAF) qui réunira tous les acteurs concernés, afin de mieux comprendre les freins et les facteurs de réussite de ce type de démarche.
Question : comment dynamiser une agriculture confrontée au vieillissement des exploitants, aux difficultés d’installation des nouvelles générations, mais aussi à la spécialisation des exploitations et à la faible valeur ajoutée tirée des productions locales traditionnelles ?
C’est pour tenter d’apporter des réponses à cette équation délicate que les acteurs concernés se réunissent ce 22 juin à Verneuil-sur-Vienne, (Haute-Vienne), au lycée agricole des Vaseix, à l’initiative de la DRAAF et de la Région Limousin.
Au programme : les interventions croisées des différents acteurs, Chambre régionale d’agriculture du Limousin, Réseau pour une agriculture durable en Limousin, Coop de France, AMAP(1) de Brive. Les circuits courts, -mode de vente impliquant au plus un intermédiaire entre le producteur et le consommateur - apparaissent comme un moyen d’élever le revenu des agriculteurs, d’installer de jeunes agriculteurs et de dynamiser les territoires.
A cela, ajoutons que les circuits courts et de proximité sont dans l’air du temps : de plus en plus, la société demande une offre alimentaire de qualité, alliant transparence et proximité, rapprochement des consommateurs et des producteurs.
Il est donc logique que ces initiatives se multiplient sur l’ensemble du Limousin en réponse à cette demande commune.
Trouver les clés d’un modèle économique viable
Au-delà d’un état des lieux et de pistes de travail, cette journée d’échanges permettra la présentation d’une étude initiée en 2011, réalisée par l’ensemble des acteurs et en partenariat avec l’université de Limoges. L’enquête a permis un questionnement complémentaire à celui du recensement agricole de 2010. Ses principaux résultats seront rendus publics sur le site AGRESTE.
Ses objectifs : mieux connaître ce secteur, mais aussi, en plus d’un questionnement qualitatif, comprendre les freins et les facteurs de réussite de ce type de démarche.
Déjà, quelques constats : les circuits courts en Limousin se développent et permettent aux agriculteurs de mieux bénéficier de la valeur ajoutée de leurs productions. Ils facilitent aussi la diversification des productions et créent du lien dans les territoires ruraux.
Toutefois, leur poids exact reste encore difficile à évaluer, les porteurs de projet sont parfois ambitieux et tous ne mesurent précisément ni le volume de travail ni le niveau de maîtrise technico-économique nécessaire. D’où la nécessité de professionnaliser ce secteur et d’apporter appui et méthodes à ceux qui veulent démarrer cette activité. Il semble bien qu’en Limousin, la réussite doive passer par là.
(1) Association pour le maintien d’une agriculture paysanne
Données express
1 440 : c’est le nombre d’exploitations du Limousin commercialisant en circuit court, soit 10 % des exploitations de la région. C’est en deçà de la moyenne nationale qui se situe à 15 % (hors viticulture).
30 millions d’euros : c’est la valeur estimée de la production commercialisée en circuits courts, alors que la production brute théorique de l’ensemble des exploitations limousines s’élève à 723 millions d’euros en 2010.
60 % : c’est la proportion d’exploitants satisfaits du revenu dégagé par ce mode de commercialisation. Au-delà de l’aspect économique, on constate aussi un fort sentiment de reconnaissance de leur travail et de la qualité de leurs produits.
En savoir plus :
Agreste Limousin :
les circuits courts, une offre à développer




