Les transferts entre le Brésil et la France ne se cantonnent pas au ballon rond. Chaque année, depuis 2006, de jeunes talents des deux puissances agricoles traversent l’Atlantique pour parfaire leur formation en sciences agronomiques, agroalimentaires et depuis 2011 vétérinaires. Une coopération réussie qui s’étend dorénavant au Chili.
L’université de l’État de Sao Paulo (Unesp) accueille du 2 au 5 octobre 2011 le 3ème forum du programme BRAFAGRI. Un temps fort dans la vie de ce programme qui ne cesse de se développer depuis la signature en 2005 d’une convention entre la direction générale de l’enseignement et de la recherche (DGER) du ministère français en charge de l’agriculture et la Coordenaçao de aperfeiçoamento pessoal de nivel superior (CAPES/MEC) pour le Brésil.
Les liens entre les deux pays agricoles sont anciens et riches notamment dans le domaine de la recherche (INRA, CIRAD, EMBRAPA). BRAFAGRI consolide ces liens, avec l’appui du ministère des Affaires étrangères et européennes (MAAE), dans le domaine de l’enseignement supérieur.
Ce programme permet principalement l’échange d’élèves ingénieurs et d’enseignants et repose sur l’élaboration de projets conjoints élaborés par les établissements d’enseignement supérieur. Aujourd’hui, 12 projets sont en place réunissant 14 établissements français (voir carte) et 17 universités brésiliennes parmi les plus prestigieuses dans les domaines des sciences agronomiques (ESALQ/FZEA de l’USP ; UNESP...), agroalimentaires (université fédérale de Viçosa) et vétérinaires.
Pour les futurs ingénieurs, il s’agit d’une véritable formation intégrée pour une durée de 1 à plus de 3 semestres dans l’établissement d’accueil.

- Korran, 21 ans, étudiant en agronomie dans l’État du Goias, a passé un semestre à l’ISARA (Lyon) dans le cadre de BRAFAGRI ©X. Remongin min.agri.fr
Une expérience marquante comme en atteste Korran Ribeiro Junqueira, 21 ans, qui a passé la troisième année de son cursus d’ingénieur agronome à Lyon, à l’Institut supérieur d’agriculture de Rhône-Alpes (ISARA) dans le cadre d’un projet avec l’Université fédérale de Goias, non loin de Brasilia. « Je voulais partir en France car c’est un grand pays agricole, dont le savoir-faire est reconnu. Les techniques utilisées ici m’intéressent. Durant une année, j’ai suivi les mêmes cours que les autres étudiants de l’école. Mais au-delà de la formation et de l’expérience acquise, j’en ai profité pour lier des contacts tant professionnels que privés. L’échange international, c’est une expérience unique. De retour au Brésil, j’ai l’intention de travailler à la réduction des impacts environnementaux de l’agriculture “industrielle”. Le commerce équitable m’intéresse aussi beaucoup. Entre la France et le Brésil, il serait intéressant de développer de nouvelles filières, en s’appuyant par exemple sur des organisations de producteurs »
Comme Korran, ils sont 70 étudiants brésiliens et autant de Français à bénéficier en 2011 du programme BRAFAGRI (contre 26 élèves en 2006). "Très concrètement, nous les aidons à supporter le surcoût engendré par la mobilité. Ils bénéficient d’une aide forfaitaire pour le transport et d’une aide de 1000 € par semestre", explique Gerardo Ruiz, chargé de mission Amérique Latine au bureau des relations européennes et de la coopération internationale de la DGER.
Pour la première fois, cette année, les 4 écoles françaises vétérinaires sont rentrées dans le dispositif avec un premier départ dès cette rentrée et plusieurs projets pour 2012.
Certains établissements, comme ONIRIS Nantes, Agro Paristech et la fédération des établissements privés FESIA proposent dorénavant un double diplôme étudiants qui passent plus de trois semestres au Brésil ou en France.
La dynamique ne se limite pas aux étudiants puisque « plusieurs établissements brésiliens s’inspirent de leur coopération avec la France pour revoir leur cursus d’ingénieur », note Gerardo Ruiz.
BRAFAGRI fait aussi des émules de l’autre côté des Andes, où le Chili a entamé un programme similaire de formation intégré, CHILEFRAGRI. Les premiers échanges ont débuté en 2009 avec 25 étudiants.

