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DossierTrophées de l’agriculture durable 2012

Anne-Lise Henry, directrice de Terre de liens Lorraine « Préserver nos terres agricoles et aider à l’installation »

23/02/2012


L’association "Terre de Liens Lorraine" est co-lauréate des Trophées de l’agriculture durable 2012, catégorie ’structures’

Réalisation : Julie Verger

Anne-Lise Henry, directrice de Terre de liens Lorraine

« Préserver nos terres agricoles et aider à l’installation »

©Xavier.Remongin/Min.Agri.FR

« Les terres agricoles sont trop rares et trop précieuses pour qu’on se permette de les perdre ! Nous devons les préserver sur le long terme ! C’est sur cette conviction que repose toute l’action de Terre de liens Lorraine dont je suis responsable aujourd’hui. Un engagement que je crois juste et qui permet de fédérer toutes les énergies, de réunir tous les financements pour préserver le foncier agricole et faciliter l’installation d’agriculteurs investis dans le développement durable et la filière bio. Je crois en l’initiative collective et en la prise de conscience citoyenne, responsable et solidaire. Et pour moi, ce ne sont pas des mots, mais des actions concrètes.
Il en va ainsi pour l’installation d’Isabelle et David à Bois Nathan, sur la commune de Francheville (54), issus du monde ouvrier et installés en agriculture biologique grâce aux 146 hectares que Terre de liens a pu acquérir par un financement collectif et leur louer ensuite. L’intervention de Terre de Liens était le seul moyen de préserver l’unité d’une exploitation existante en bio.

Les agriculteurs accompagnés produisent actuellement du lait bio et sont en train d’installer une vente de bœuf bio à la ferme. Tout cela, c’est le résultat d’un travail en relation étroite avec la SAFER Lorraine, l’ADASEA et le Groupements des Agrobiologistes de Lorraine...
Bien sûr, la viabilité économique du projet était essentielle, mais les impacts sur l’environnement le sont tout autant, c’est à dire la préservation de terres bio, de la biodiversité et le développement de circuits courts de consommation. A cela s’ajoutent des emplois induits par les travaux des champs, un réseau d’acheteurs qui se développe et aussi des enfants scolarisés sur la commune. C’est tout un ensemble.

Notre plus belle récompense, c’est de parvenir à aider des agriculteurs, hors cadre familial le plus souvent, à vivre de leur métier et de leur passion, et de constater qu’il existe une vraie conscience citoyenne autour de l’agriculture, une vraie mobilisation aussi dans le respect de l’environnement. Nous avons interpellé la société civile, incité à dépasser le simple intérêt individuel, et nous avons constaté que cela fonctionne. C’est par l’achat de nombreuses actions par les uns et les autres que nous sommes arrivés à ce résultat. Ça en valait la peine, non ?

Terre de liens, en Lorraine et partout en France accompagne des porteurs de projets impliqués dans des opérations similaires. Cela implique la société civile dans les questions d’aménagement du territoire, ainsi que les acteurs politiques, syndicaux et associatifs.
Les terres agricoles sont au cœur des enjeux et c’est trop important pour laisser faire n’importe quoi ! Que se passera-t-il quand les agriculteurs n’auront plus de terres pour s’installer ? C’est la fin d’un territoire, et de toute la dynamique qui s’y crée. Il faut être très vigilant. Et puis, quelle magnifique aventure ! »

©Xavier.Remongin/Min.Agri.FR

Isabelle et David Ledig, installés grâce à Terre de liens Lorraine

« Venant du milieu ouvrier, nous souhaitions devenir agriculteurs, avec le projet de reprendre cette exploitation du Bois Nathan. Mais nos économies ne nous permettaient pas, bien sûr, de concrétiser cette envie.
C’est là que Terre de liens, en achetant les terres grâce à la participation d’un grand nombre d’actionnaires, est intervenu, en nous les louant, et sans le risque de les reprendre un jour. Cela nous a permis d’envisager l’avenir avec une certaine sécurité et nous nous sommes lancés dans la production laitière bio, en obtenant un quota, même si aujourd’hui, nous souhaiterions qu’il soit un peu plus élevé. Nous avons actuellement 100 têtes de bétail sur l’exploitation, 50 laitières et 50 génisses de renouvellement.
A terme, nous avons le projet d’ouvrir un espace de vente directe, avec une production de viande de porc bio, mais cela demande du temps. En tout cas, sans Terre de liens, nous n’aurions pas pu devenir tous les deux agriculteurs et vivre de notre passion. C’est un partenariat positif à tous points de vue. »

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