En fin de journée, à l’heure de la traite, Benjamin Saindon ouvre son exploitation située dans le Parc naturel des Cévennes aux randonneurs et aux touristes. Une invitation à découvrir le travail d’éleveur et... à goûter ses confitures au lait de brebis !
C’est en Lozère, au cœur du parc naturel des Cévennes que Benjamin Saindon élève son troupeau de 270 brebis. « Un endroit très préservé, calme, presque désertique », dont il n’est pas originaire mais pour lequel il a eu un vrai coup de cœur et où il a choisi de s’installer en 2004.
La plus grande part du lait de ses brebis est vendue pour la fabrication du roquefort, l’AOC du territoire mais, dès son arrivée, il a aussi mis sur pied d’autres projets plus personnels. Benjamin Saindon avait à cœur de faire de sa ferme un lieu de découverte. En accueillant du public sur son exploitation, il espère toucher ceux qui ne savent rien du monde agricole, et leur faire comprendre la réalité de son travail. « Sur ma structure, je ne cache rien : je parle des subventions que je reçois, des engrais que j’utilise, des difficultés que je rencontre. Les gens apprécient cette transparence. Ils se doutent bien que tout n’est pas tout beau ni tout rose. »
Cette activité d’accueil est une vraie réussite : 2 500 à 3 000 personnes visitent la ferme chaque année. Ils ont ainsi l’occasion de goûter les fameuses confitures au lait de brebis. Nature, thé matcha, chocolat, chartreuse, géranium ou gingembre et clous de girofle : les saveurs ne manquent pas.
Une activité devenue essentielle
Des clients fidèles attendent chaque année le nouveau parfum, fruit de la curiosité et des tâtonnements du propriétaire des lieux : « je suis toujours en train de fouiller, de faire des essais pour marier au mieux les saveurs. » Les amateurs apprécient particulièrement le parfum fève de tonka, mais réclament aussi le retour de celui au yuzu, agrume venu d’Asie. La production des confitures va désormais bien au-delà de la simple activité complémentaire : « C’est ce qui fait vivre la ferme aujourd’hui. J’ai augmenté le volume des confitures, je vends sur le site Internet legoutestdanslepre et je vais chaque année au Salon de l’agriculture, à Paris, mais aussi dans de nombreuses autres foires en France et en Italie. »
Pour Benjamin, c’est un vrai choix de vie : « élever pour faire de la production industrielle ne m’intéressait pas : j’ai toujours eu l’envie de produire et de transformer, d’aller vers le consommateur et d’être présent à chaque maillon de la chaîne. La vente du lait pour la fabrication du roquefort était une garantie pour monter le projet de transformation et d’accueil. » C’est ainsi qu’aujourd’hui la ferme des Mille Pattes propose toute une gamme de confitures au lait de brebis, un produit original, qui se différencie des productions de fromages ou de yaourts locales. « C’est aussi une façon d’utiliser le lait des brebis après l’agnelage, que l’on n’utilise pas pour le roquefort, mais qui, après quelques jours, est très bon. »




