Bruxelles :
Le ministre français de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a annoncé mardi qu’il allait se battre en faveur d’un maintien de l’aide alimentaire aux plus démunis, un programme européen dont dépendent de nombreuses associations caritatives mais dont l’avenir est menacé.
Contesté par plusieurs pays européens formant une minorité de blocage au sein de l’UE, parmi lesquels l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni, le programme avait obtenu un sursis provisoire l’an dernier à la suite d’un compromis franco-allemand négocié par le prédécesseur de M. Le Foll, Bruno Le Maire.
Berlin avait accepté de prolonger le programme en 2012 et 2013 en échange du constat que les conditions n’étaient "pas réunies" pour que l’UE finance l’aide aux démunis au-delà.
Mais le nouveau gouvernement français a l’intention de remettre en cause ce compromis et de "voir comment on peut maintenir le programme", a dit M. Le Foll à des journalistes en marge d’une visite à Bruxelles. "Je n’ai pas encore abordé ce sujet avec ma collègue allemande, mais je l’aborderai", a-t-il promis.
L’Allemagne arguait, avec la Cour européenne de justice, que ce programme de 500 millions d’euros annuels tirés des fonds agricoles européens pour financer des banques alimentaires et des soupes populaires, relevait davantage de la politique sociale et n’était donc pas du ressort de l’Union européenne.
"Tout semble indiquer qu’il y aura des évolutions sur les lignes budgétaires" pour financer ce programme, par exemple en tirant les fonds nécessaires d’un autre volet du budget européen que celui des dépenses agricoles, a estimé M. Le Foll. Pour lui, la crise est "suffisamment profonde" pour qu’on ne supprime pas ce programme, "quand on sait les difficultés d’accès à l’alimentation qu’a une partie de la population européenne".
D’après AFP
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