#1andaction : retour sur les coulisses des États généraux de l'alimentation
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© Pascal Xicluna / Min.Agri.Fr

Engagement du Président de la République, les États généraux de l’alimentation (EGA) ont ouvert un temps de réflexion collective inédit. Ateliers nationaux, régionaux et locaux, consultation publique en ligne : autant d’échanges qui ont permis d’élaborer une feuille de route gouvernementale et un « projet de loi pour l’équilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable ». Une opération marathon pour les directions du ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, qui nous livrent les secrets de fabrication de cet événement.

Réunir l'ensemble des parties prenantes

Direction générale de la performance économique et environnementale des entreprises (DGPE) : « Les EGA partent d’un triple constat. Les agriculteurs ont de plus en plus de difficultés à vivre dignement de leur travail. Il fallait impulser des réflexions pour résoudre ce problème. De plus, un certain nombre de filières connaissent quelques dysfonctionnements. Enfin, les consommateurs expriment des attentes pour une alimentation de qualité, de proximité, plus saine, plus sûre et durable.

Nous avons donc réuni l’ensemble des parties prenantes : les acteurs économiques (agriculteurs, transformateurs industriels, distributeurs, restauration collective), la société civile (associations de consommateurs, ONG environnementales, organisations de lutte pour le bien-être animal, associations caritatives...), les élus, des représentants de l’État, les syndicats...

Les 14 ateliers thématiques nationaux recouvraient les deux volets (économique et sociétal), un atelier transversal a permis d’aborder la transformation de l’agriculture sous l’angle recherche et développement. De nombreux ateliers ont également été organisés sur le territoire.
Une plate-forme de consultation a été créée pour que chaque citoyen puisse s’exprimer, partager des éléments de diagnostic, et être force de proposition en partant de son vécu, de son expérience.

Pilotée par le ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation, les EGA ont associé 10 autres ministères (Transition écologique et solidaire, Santé, Cohésion territoriale, Affaires étrangères, Éducation, Sports...), régulièrement présents sur ce chantier. Cela traduit une volonté forte de décloisonner la gouvernance de l’alimentation, pour ne plus avoir une approche en silo mais une véritable mise en cohérence des politiques publiques, et pas seulement au niveau de l’État. Les collectivités territoriales sont également très mobilisées, notamment sur les leviers de la restauration collective, du développement économique, de la formation...

Ce fut un exercice court (5 mois), mais la mobilisation fut générale. La dynamique a pris dès le mois de juillet, et ne s’est pas relâché les mois suivants. Chaque atelier a donné lieu à une fiche conclusive, récapitulant les propositions. Ce fut une prise de conscience collective que la transformation ne se fait que si l’ensemble des parties prenantes arrive à bouger son curseur pour que chacun sorte gagnant. Chacun a une part de responsabilité. Un tel projet nécessite désormais, avec les directions du ministère, un suivi régulier de sa mise en œuvre. Nous prévoyons deux rendez-vous, d’ici la fin de l’année, en réunions plénières, pour rendre compte de ce que chacun a mis en place, mesurer les difficultés rencontrées... Et voir comment on maintient le rythme ! »

Prendre les mesures les plus significatives pour en faire une feuille de route

Direction générale de l'alimentation (DGAL) : « La concertation portait sur tous les sujets, balayait tous les enjeux, avec une volonté de partir de constats partagés, pour arriver à trouver des solutions ensemble. Il revenait donc au ministère de prendre les mesures les plus significatives, les plus urgentes, celles que nous estimions prioritaires pour en faire une feuille de route qui résume toutes les recommandations qui vont être mises en œuvre dans les prochains mois et prochaines années. Le projet de loi présenté par Stéphane Travert devant le Conseil des ministres le 31 janvier 2018 traduit le diptyque suivant : inversion de la logique de rémunération des agriculteurs, et renforcement d’une alimentation saine, de qualité et durable , avec le levier de la restauration collective, la lutte contre la précarité alimentaire, l’encadrement de la vente des produits phytosanitaires, la lutte contre le gaspillage alimentaire....

Il traduit trois objectifs :

  • assurer la souveraineté alimentaire de la France (autrement dit conforter le modèle agroalimentaire français) ;
  • promouvoir des choix respectueux de l’environnement et favorables à la santé ;
  • réduire les inégalités d’accès à une alimentation saine et durable. »

Le format de cette opération était inédit

Délégation à l'information et à la communication (Dicom) : « Les États généraux de l’alimentation ont été l’un des premiers chantiers gouvernementaux. Il s’agissait également de mettre en œuvre la première consultation publique en ligne du gouvernement. L’opération de lancement s’est déroulée le 20 juillet, avec l’ensemble des parties prenantes : organismes professionnels agricoles, industries agroalimentaires, distributeurs, associations, ONG, élus... soit 2 mois seulement après l’élection présidentielle.

Le format de cette opération était inédit, notamment par l’amplitude du champ des parties prenantes réunies autour de ce projet et par la dimension interministérielle portée par le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation.

La Dicom a travaillé en liaison avec les directions du ministère et le cabinet du ministre pour l’organisation de l’opération de lancement dans un délai très court et a apporté son appui à l’organisation des ateliers nationaux. Un partenariat avec les équipes de Bercy a été mis en place pour accueillir les journées de lancement et de clôture, qui se sont déroulées au centre de conférence Pierre Mendès France.

La Dicom a également travaillé au pilotage et au suivi de la consultation publique (de juillet à novembre), dont les contenus ont été élaborés au sein du comité interministériel.

De nombreux supports éditoriaux ont été conçus tout au long du déroulement de ces États généraux : conception de l’identité visuelle, dossiers de presse, articles, interviews vidéo, campagne d’information sur les réseaux sociaux, vidéo retraçant les grandes étapes des EGA, lettre interne d’information, conception d’un document sur la feuille de route gouvernementale. »

Les chiffres-clés sur 5 mois - du 20 juillet au 21 décembre 2017

  • 14 ateliers nationaux, ayant réuni 700 participants ;
  • 1 consultation publique en ligne avec 156 000 visiteurs et 17 000 contributions ;
  • 74 événements territoriaux ;
  •  9 800 articles de presse sur la période.

L’importance des réseaux sociaux

  • Un hashtag #EGalim qui a permis une excellente visibilité de l’événement ;
  • Une activité principalement concentrée sur Twitter et enrichie (vignettes, photos, articles, infographies, vidéos) ;
  • Une couverture tout au long des EGA (lancement, relais de la consultation, signature de la charte d’engagement, clôture) comprenant le relais de la parole du ministre Stéphane Travert, ainsi que celle du Gouvernement (Président de la République, Premier Ministre et ministres)
  • 29 vidéos mises en ligne dans une playlist Youtube dédiée.

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